ASA, un hommage appuyé à Riven qui ne laisse pas indifférent

asa-reveilLe fait de ne plus être soumis aux turpitudes de l’actualité me permet de découvrir tranquillement des titres que j’avais laissé filer au moment de leur sortie. C’est le cas notamment de ASA : A Space Adventure, un jeu d’aventure qui prend son temps pour nous proposer une expérience qui devrait rappeler quelques souvenirs à tous les nostalgiques de la saga des Myst. Le développeur de ASA ne s’en cache pas, c’est en bonne partie Riven qui lui a servi de source d’inspiration. Mais attention, on ne tombe jamais dans le plagiat, ici on a plutôt affaire à un hommage tout en finesse qui déploie son propre univers et des mécaniques de jeu originales. Au delà du titre en lui-même qui mérite amplement le coup d’œil, c’est aussi le processus créatif par lequel il a pris corps que j’aimerai creuser. En effet ASA est avant tout le bébé d’un passionné, Simon Mesnard, qui a développé cette aventure spatiale quasiment en solitaire.

Le véritable prix de l’indépendance

asa-espaceJe vous vois venir, vous soupirez déjà à l’idée de devoir supporter un nouveau couplet sur la production de jeux indépendants, et vous avez raison de rouspéter. La dénomination « indé » s’est généralisée ces dernières années au point de devenir presque un label censé être synonyme de créativité et d’originalité. Pas de chance, il n’en est rien, et bon nombre de jeux estampillés ainsi ne sont que des clones de titres qui ont déjà fait leurs preuves. Plus grave, des éditeurs bien installés se sont rués sur l’occasion et nous inondent de productions supposément indépendantes mais qui bénéficient en réalité de relais considérables en terme de marketing. Les jeux ainsi édités par Microsoft, Sony ou Ubisoft peuvent être de très bonne qualité, mais ils n’ont plus grand chose d’indépendant. Je regrette aussi que certains commentateurs aient fait leur beurre en surfant sur cette mode tout en se souciant moins de la qualité des productions en question que de la hype qu’elles génèrent… Bref, tout ça pour dire que vous avez beau avoir l’impression d’être constamment bombardés de titres indépendants, les projets les plus personnels et les moins formatés restent le plus souvent loin des feux des projecteurs. C’est pour cette raison que vous n’avez peut-être jamais entendu parler de ASA sorti pourtant en début 2013. A l’origine du projet on trouve un univers que Simon Mesnard a déjà exploré dans un roman (auto-édité) et dans un court-métrage (visible ici même). On y découvre l’Arche, un vaisseau spatial extra-terrestre qui compile toutes les connaissances de l’univers et qui réserve quelques surprises à ses hôtes occasionnels.

Le plaisir de reprendre son crayon et sa gomme

asa-codeSi ASA peut se targuer de plonger le joueur dans une intrigue cohérente et prenante, ce n’est pas pour autant sa seule qualité. Certes les râleurs ne manqueront pas de lui reprocher son look indéniablement old school (le soft est développé avec Adventure Maker et nous propose des déplacements écran par écran) mais finalement c’est un détail qui s’efface rapidement face à l’ingéniosité des différentes énigmes. Les puzzles et autres casse-tête constituent évidemment le cœur du gameplay de ce type de jeu. En l’occurrence, il est assez surprenant de constater qu’un développeur solitaire parvienne à mettre sur pied de meilleures énigmes que des studios qui peuvent compter sur l’appui de grosses équipes. Il faut dire que Simon Mesnard ne s’encombre pas vraiment du dogme du game design moderne qui voudrait que le joueur ne doit pas être mis en situation d’échec. Préparez-vous à vous creuser les méninges et à ressortir de quoi prendre des notes comme au bon vieux temps. Histoire de ne pas frustrer les moins patients, le jeu est proposé avec une solution complète en format texte, mais le fait de la consulter vous privera d’une bonne partie du plaisir. Mieux vaut s’accrocher et trouver les solutions par soi-même car même les puzzles assez complexes s’avèrent finalement tout ce qu’il y a de plus logique.

Le jeu vidéo comme mode d’expression personnelle

asa-forteEncore une fois, ASA est un bon jeu mais il prend une saveur toute particulière lorsque l’on pense qu’il s’agit de l’œuvre d’une seule personne. Ce fameux Simon Mesnard s’est donné tout entier dans ce jeu d’aventure et ça se sent. L’exploration de l’Arche est ainsi parsemée de références plus ou moins directes à ses précédents travaux et à ses différents coups de cœur. C’est la partie émergée de l’iceberg, celle qui est la plus immédiatement visible, mais cette implication a aussi des conséquences plus diffuses. La passion avec laquelle le jeu a été conçu est palpable d’un bout à l’autre de l’aventure, c’est ce qui lui donne son âme et qui fait que le joueur pardonne facilement toutes les petites imperfections. D’ailleurs une partie de ces dernières seront bientôt de l’histoire ancienne puisque ASA : A Space Adventure nous revient pour le début 2015 dans une version remastérisée qui sera disponible en téléchargement sur Steam (pour l’instant le jeu est disponible sur la boutique du collectif The Icehouse auquel Simon Mesnard appartient, et en version téléchargeable sur Desura). Ce n’est pas fini puisque toujours en 2015 nous devrions voir débarquer une suite prénommée Catyph à laquelle j’ai eu la chance de jeter un œil. Autant vous dire que cet aperçu m’a mis l’eau à la bouche et que je suis d’autant plus impatient de découvrir le jeu dans son intégralité.

 

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